J'ai testé ma (superbe) nouvelle tablette graphique, j'ai pondu ça en 2h ^^ inspiration d'une vieille image que j'avais.
Mercii ^^
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
e...d'abors pour les coloristes en herbes...puis à l'arrache d'un
stylo pas adapté. Par Mythologik
En réalité, le spectacle est plutôt joli…
Tours à tours, cela ressemble à un serpent exotique…puis à une décoration de noël scintillante. En tout cas, l’artiste y met presque autant de cœur que j’y mets involontairement mes tripes. Cela
dit, voir quelqu’un essayer de suspendre mon propre intestin est un spectacle assez fascinant.
L’avantage d’être morte, c’est que l’on éprouve un certains détachement
vis-à-vis de choses aussi futiles que, bof, son propre corps ? Je ne ressens absolument aucun dégoût à me voir me faire éviscérer. Pour être honnête, je ne ressens plus
grand-chose du tout.
Remarquez, dans ce cas précis on peut désormais parler de fontaine fantaisie. Ce qui
m’intrigue en dehors de l’avenir proche de mes organes internes, c’est visiblement le plaisir certains qu’éprouve cet homme à lacérer mon ancienne enveloppe…On dirait un gamin en train de
démanteler la poupée de sa petite sœur.
Et moi, je regarde. Je m’observe du haut d’un toit de ce cliché de
ruelle sombre. Après tout ce n’est pas comme si j’étais dans l’urgence. Et puis, étrangement, je ne lui en veux pas du tout, à cet artiste qui s’évertue en bas à achever sa
nature morte. Je suis juste animée d’une curiosité…morbide. Après tout, pourquoi moi ? Suis-je une cible au hasard ? Une impulsion soudaine ? Tout simplement son
« type de femme » ? Ou alors, m’a-t-il suivit pendant des jours ? M’a-t-il espionné pour savoir qui j’étais sans que je le sache ? Etais-je la
première ? Si non, les as t’il tuée de la même façon ? Avec le même plaisir ? Avec la fortune que j’ai dépensée pour ressembler aux caricatures de féminité qui
envahissent la publicité, ça serait malheureux de n’être qu’une victime parmi d’autre ! J’ai curieusement envie d’être quelqu’un de spécial pour cet homme, de ne pas être
similaire à ses yeux à une de ces pêtasses sans cervelles qui plaisent tant aux hommes…Qui ou que suis-je pour lui ? Est-ce que je sors du lot ?
Toutes ces questions sans réponses, il ne les entend pas. Je suis morte, ma voix ne
l’atteint plus, un sentiment de frustration monte de plus en plus en moi, je suis curieuse de cet homme, je veux tout savoir ! Un bruit sourd…Il s’effondre le crâne défoncé par une tuile. Il
est mort lui aussi. Pour ma défense « oups, j’ai glissée… »
Il lève désormais un regard rendu blasé par sa mort, comme si tout cela ne le concernait plus :
« C’est vous qui m’avez tué ?
_ Nous sommes quittes maintenant. »
Maintenant, on va enfin pouvoir discuter…en prenant tout notre temps.
(bon c'est pas fait pour être affreux...moi je le trouve plutôt marrant...)
Par mythologik
Nous revoilà enfin face à face. Tu me regardes d’un air moqueur, je vais te le faire ravaler !
Devant moi, une page blanche. Je ne la connais que trop bien, car elle s’est imposée dans ma vie pendant déjà plusieurs mois.
Elle s’est incrustée, profitant de mes faiblesses, m’enlevant le peu qui pouvait me faire tenir à ce moment-là, mon imaginaire, mon inspiration, ma porte de sortie.
Ce soir, je m’arme d’un stylo. Je veux la détruire car je la hais, pour pouvoir récupérer ma fierté ! Mon talent n’est peut-être pas imposant, mais c’est mon petit plus à moi, j’aime écrire
même s’il ne doit rien en aboutir, et je ne m’avouerai pas vaincue.
Nombre d’entre vous ne comprendront probablement pas à quel point ces maigres lignes me sont difficiles à coucher sur le papier, ils les trouveront peut-être pompeuse et inintéressantes… Pensez
ce que vous voulez, elles me sont nécessaires.
Le syndrome de la page blanche est une chose difficile à combattre.
Les idées ne viennent plus, un espèce d’abattement vous décourage de vous installer devant votre feuille tandis que votre inconscient ne cesse de vous répéter «Et puis, à quoi bon ? A quoi
sert la tête à par se confronter à ses emmerdes ? »
Exit la petite rêverie, le petit délire ponctuel, ou mêmes les grandes épopées qui n’aboutiront probablement jamais mais que l’on regardera toujours avec tendresse en pensant qu’un jour, lorsque
l’on aura mûri, on pourra enfin les améliorer et les achever.
Il ne reste alors qu’un immense vide.
Un vide blessant, obsédant, cruel même.
On n’y croit plus.
On pense que c’est parti à jamais…
Aussi futil que ça puisse vous paraître, ça peut devenir une réelle souffrance.
Ces lignes sont déjà un début de guérison.
Prépare-toi, page blanche ! J'affûte ma plume et crois-moi, je vais te tuer.
Par Mythologik
Vous souvenez-vous d'Estragan, ce client un peu pâle, souvent incertain, et toujours sous l'emprise d'une force ténébreuse ? Ce matin, à l'ouverture du Dragon Inn, il soupirait devant la porte. Il semblait en proie à l'une de ses crises créatrices, car sitôt entré, il commanda un bourbon et courut s'enfermer aux sanitaires. Il en ressortit plus léger que jamais, et sirota distraitement sa pinte. D'autres clients, arrivée entre-temps, et moi-même, ne le lâchions pas des yeux, dans l'expectative de sa folle imagination. Rien ne venait.
Quelques clients désabusés payèrent et partirent. Les autres se désintéressèrent du poète maudit pour se préoccuper du contenu de leur verre. Estragan, peut-être soulagé de la baisse d'intérêt – mais l'avait-il remarqué ? –, se leva et tituba jusqu'au comptoir. De sa bouche, les faibles paroles que je devinai concernaient la plume et l'encre qu'il n'avait pas. Celles qui me servaient à faire les comptes, après la fermeture, traînaient dans un coin. Je lui tendis la plume et la bulle de verre renfermant le liquide de jais. Il les reçut timidement, s'excusant presque de son audace. Retournant à sa place, il manqua plus d'une fois de faire valser son précieux matériel.
De sa poche sortit un papier chiffonné et déchiré ; de sa main écrivit quelques lignes ondulées. Sa plume glissait avec difficulté, lui tombait des doigts, mais toujours il la remettait en place et continuait son travail. Pendant tout ce temps, le pub semblait s'être arrêté de respirer. L'attention s'était focalisée sur Estragan, et chacun avait oublié sa propre consommation. L'écriture du poète se fit plus rapide, la plume agissant avec plus d'efficacité, voletant sur la feuille. Ce fut dans un élan magistral qu'il inscrivit le point final, du geste d'un chef d'orchestre, éclaboussant au passage le papier et la table.
Après cet effort surhumain, une onde de fatigue sembla le submerger. Il s'effondra, la tête près de la chope. Lentement je m'avançai, curieux de découvrir son nouveau délire. La feuille résista un peu lorsque je la tirai de dessous son coude. Il s'agissait en fait du verso de ses premières maximes. Celles-ci me semblent d'ailleurs nécessaires à la compréhension de ce nouveau texte, vision extirpée de quelque limbe...
Des désirs chromés extasient l'Infante, et de leurs réseaux moutonnés de parfums, ils cherchent à leurs pieds les conditions prochaines de certains lieux qui ne seront jamais. La quête raisonnée, et non moins raisonnable, ouvre en eux une porte que le soleil étouffe. Ils savent que souvent viendront les moutons bleus qui vivent prestement.
L'Infante est là, et seule, elle sourit déjà. Ses dents sont un abîme où la mémoire s'oublie. Elle s'avance, oscillante, sa bouche enfle, ses yeux gonflent, sa peau grise éclate et se répand partout. Une aura de lambeaux. De mémoire de félon, on n'avait jamais vu cette reine splendide partir aussi drue.
Les quêteurs s'arrêtent. Les lévriers violés retournent en pleurant. On voit dans quelque coin éclairé et soumis l'absence du péché, du parjure de la nuit. La Garance coule encore, lente et rapide, calme et violente. Son sang vert l'habite, ses bleus enfants la guident. Et le bois de la barque crevée, verminé, couvre enfin le silence des exhalaisons splendides. Enfin le cri étouffe, enfin la robe luit. Les éperviers seront bientôt vernis et la marche sera une vaine attitude. L'heure vient qui ne sera jamais plus semblable aux canards changeants et aux matins du soir.
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||