« Software has become crucial to the very survival of civilization. But badly written, insecure software is hurting people–and costing businesses and individuals billions of dollars every
year. This must change. In Geekonomics, David Rice shows how we can change it. »
J'ai trouvé ce texte sur amazon ( http://www.amazon.com/Geekonomics-Real-Cost-Insecure-Software/dp/0321477898?ie=UTF8&s=books&qid=1201791595&sr=8-1 ). Je vous le traduis :
« Les logiciels sont devenus cruciaux pour la survie de la civilisation. Mais mal écrit, un logiciel vulnérable fait du mal aux gens – et coûte aux particuliers et aux entreprises des
milliards de dollars tout les ans. Cela doit changer. Dans Geekonomics, David Rice montre comment nous pouvons changer cela. »
Si on oublie la dernière phrase, que je ne cite que pour replacer ce texte dans sont contexte, je ne sais pas vous mais ça me fait furieusement penser à un synopsis de shonen. Bon, pour être franc,
ça peut aussi s'appliquer à un film d'action hollywoodien, mais je suis plus dans les mangas en ce moment. En tous cas, on s'attend à du mouvement! Ça va péter, c'est sur, et même que ça va faire
mal.
Vous voulez que je vous dise? J'ai toujours été jaloux des dessinateurs. (si si, il y a un rapport ^^ ) Si vous parcourez les blogs les plus populaires du net francophone, vous allez trouver
énormément de blog-bédés. Je n'ai pas fait de statistique pour savoir s'ils sont plus populaires que les autres, mais ils ont un truc en plus : le dessin! Ce simple fait leur permet de rendre la
plus banale des anecdotes d'un intérêt profond. Prenez le blog de boulet par exemple : quand il découvre le kazou, c'est phénoménale ! La narration du fait est déjà assez bonne pour tirer le
lecteur ennuyé de sa torpeur, pour peu qu'il décide de lire, mais ce qui fait que cette note est une réussite absolue, c'est le dessin. Comment par le simple jeu de l'écriture, garder toute la
richesse d'ambiance et d'émotion portée par ce média si difficile en gardant le même dynamisme dans l'action? L'écrit a bien des richesses, mais elle se cache ailleurs, et la plupart du temps, rien
n'interdit au dessinateur d'en user lorsque l'envie lui prend. Alors que moi, écrivain, je ne peux pas user des artifices du dessinateur. C'est injuste...
Bref si je vous raconte ça, c'est que le passage que je cite en préambule a créé une série d'images dans ma tête que je serais bien incapable de vous montrer, mais que je vais quand même tenter de
vous décrire.
Ces images ne se présentent pas sous la forme d'une bande dessinée à vrai dire, mais l'aspect visuel est important. Et en même temps, il y a des idées que je serais bien en peine de retranscrire
sous forme d'image, donc pour ça au moins, je suis content d'être plutôt écrivain. (Mais un dessinateur aurait bien trouvé un moyen de contourner la difficulté, à défaut de trouver une
solution...)
Voici donc le tableau : nous avons un jeune homme qui vit dans une grande maison sans ses parents parce que l'indépendance est toujours importante pour les héros de manga. Ben oui, je vous ai dit
que je lisais des shonen en se moment... Le gamin n'a pas de vraie passion, jusqu'au jour où il tombe sur un site qui parle de programmation et écrit son premier hello world! (en python... faut
commencer facile*)
Et là, c'est le drame! La vie du garçon bascule, il commence a écrire quelques algorithmes subtils, et bientôt il est entraîné dans un premier combat. Et quand je dis combat, gardez bien à l'esprit
que je continue de lire du shonen : le gamin va en prendre plein la tête!
Comment je vois le combat? Avec difficulté à vrai dire. l'équipement est bien sur adapté pour pouvoir se déplacer avec aisance et éviter les violentes attaques de code qui d'une façon ou d'une
autre permettent aux hackers de donner des coups violents et de faire des acrobaties improbables. La lutte est dure, et il manque de perdre son premier match, mais dans un coup de génie, il arrive
à écrire un script qui renverse la situation : le coup suivant envoie son adversaire au tapis, sonné pour le compte.
À ce moment du récit, je me sens obligé d'avouer qu'un combat de code, si acharné soit-il, ne consiste qu'à écrire des lignes et les exécuter – parfois de laisser l'ordinateur les transformer en
code binaire pour son usage personnel, mais ce n'est pas une nécessité absolue. En temps normal, c'est à peu près aussi palpitant à regarder qu'un match de mots croisés dans une maison de retraite.
Sauf que dans notre shonen, les programmeurs prennent des risques pour leur intégrité physique! Ça va saigner! Bref, c'est n'importe quoi.
Évidemment, pour progresser dans la compétition, il doit trouver un mentor et celui-ci lui frappera le crâne en lui répétant que le véritable sens du hacking n'est pas dans le combat mais dans la
liberté ou tout autre concept positif, et que tant qu'il ne l'aura pas compris, le gamin restera un gamin à peine capable de compiler son propre noyau. (faut que ça paraisse impossible pour un
novice mais très simple pour n'importe quel hacker confirmé, sinon l'insulte est ratée...) Le mentor est vieux, ressemble un peu à un ours parce qu'il a pas vu un coiffeur ou une lame de rasoir
depuis 1970** (ben oui, c'est un geek), et ne s'appelle pas Stallman mais c'est juste parce que je ne veux pas reprendre le nom de quelqu'un d'existant***.
Bien sur, le jeune homme comprendra la leçon très vite (mais jamais assez vite pour son mentor... en apparence du moins), et le grand père pourra lui apprendre les techniques de hacking de combat
en toute tranquillité. Et bien vite, nous arrivons a un niveau supérieur, ou un code mal écrit peu blesser son utilisateur, voir même le tuer! Et de plus, on apprendra que certains codes noirs ont
été interdits il y a bien longtemps car trop dangereux. Codes qui seront retrouvés au prix d'une quête fantastique, à moins que ce ne soit par un hasard improbable.
Là, normalement, un amis du héros tente d'utiliser un code noir mais son niveau de hacking est insuffisant pour maîtriser le pouvoir interdit et ils se blesse gravement, se tue ou fait subir ça à
un de ses potes. Il faut une scène tragique. On ne peut pas faire un bon shonen sans tragédie. C'est pas possible. Même si c'est chiant comme la mort, si on ne met pas une tragédie, ça se vend
pas... À moins que ce soit une contrainte éditorial, je ne sais pas...
Bien sûr un code n'interagit qu'avec le monde numérique normalement, mais là, on est dans un shonen! Les gens peuvent se tuer à coup de bulles de shewing-gum ou de se faire dévorer par des
cartes à jouer! (rigolez pas, le coup des cartes, c'est vrai!!!)
L'histoire embrayera alors sur la recherche de l'ultime algorithme, celui qui sert a faire le café et tout, suivi par le combat final pendant lequel les deux adversaires tentent d'implémenter
le fameux algorithme tout en se foutant sur la tronche. À la fin, le monde du logiciel libre est en fête, le monde est sauvé de l'ombre, etc...
il y a de quoi faire un roman... voire plus. Mais je refuse de me compromettre là-dedans. Surtout que ça rendrait tellement mieux en bande-dessinée... Encore que... En tant que récit, le combat
peut rester une métaphore. Je ne voudrais pour rien au monde être le dessinateur qui aurait pour tache de rendre dynamique un combat ou les participants ne font que tapoter leur
clavier, fut-ce avec frénésie! Heureusement, bientôt on aura la matrice, ce sera beaucoup plus visuel... ou pas.
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*Ceux qui connaissent un peu de programmation et qui ne connaissent pas python, renseignez vous! Pour ceux qui ne connaissent pas la programmation, un hello world est un bête programme qui
affiche « hello world! » (il y a pas plus basique) et python est un langage de programmation à la syntaxe très, très simple. Les connaisseurs comprendront évidemment ^^.
**1970 est l'année zéro des systèmes Unix. Les scientologues me font rire avec leur monde de 6000 ans! L'univers a été créé en 70!
***Stallman est un peu le père du mouvement « open source ». Il est aussi connu pour être « The last True Hacker », c'est dire s'il aurait sa place dans cette histoire. ^^
Pour de plus amples informations, voyez sur wikipedia.